Jeudi 3 décembre 2009
4
03
12
2009
16:51
A l'heure où j'écris ceci, je suis vainement en train d'essayer de visualiser
l'émission diffusée sur M6 dont j'ai parlé dans un précédent mail (et viens juste de réaliser qu'il faut que l'émission soit entièrement téléchargée pour espérer la voir entièrement sans
coupures). Bref, il me faut m'armer de patience pour comprendre les mécanismes qui me font compenser mes angoisses, me rassurer en mangeant comme d'autres le font en consommant certaines
substances, telles que l'alcool ou la drogue.
La pulsion, ou compulsion alimentaire, pour ce qui me concerne n'en est pas au point que j'absorbe de grosses quantités pour me faire vomir
ensuite. Je mange jusqu'à ce que je n'aie plus faim, ce qui me fait réaliser que je ne mange que quand j'ai faim, et je suis encore en mesure de m'arrêter à temps. Le problème est que j'ai
souvent faim, même quand je mange suffisamment jusqu'au rassasiement complet sans me forcer.
Ai-je un estomac trop gros ? Ai-je vraiment faim ou n'est-ce qu'une impression ? De quoi ai-je réellement faim (et j'en reviens à la question
de mon ami L.). Toutes ces questions ne sont en fait centrées que sur un seul sujet : moi.
Au début de cette année, j'ai pris une méga-baffe qui m'a fait réfléchir : force a été de constater que je suis une égoïste nombriliste. Bien
qu'ayant fait un travail sur moi, me reste ce réflexe de penser à moi avant de penser aux autres, selon la formule consacrée "un égoïste, c'est quelqu'un qui ne pense pas à moi". Un réflexe que
je combats mais avec difficultés.
Ce que j'ai du mal à comprendre c'est : pourquoi n'ai-je pas une vision réaliste de mon corps ? Pourquoi suis-je bien dans ma peau et ne me
vois grosse qu'à travers le regard des autres ? (je pense à mon mari et ma mère qui sont les seuls, en fait, à m'en faire le reproche). J'ai peur qu'en mincissant je n'arrive plus à me
reconnaître et finalement à nourrir (le terme est significatif) des complexes que je n'ai pas. Et surtout, pour avoir fait moult régimes, sous contrôle médical ou pas, je crains de ne pouvoir m'y
astreindre une nouvelle fois sans "craquer" et reprendre le poids perdu et quelques kilos en sus.
Sans compter que je ne fais pas régulièrement d'exercice physique, ayant, ou trouvant toujours un prétexte pour
ne pas en faire. Parce-que cela m'essouffle et me fatigue. Essoufflement et fatigue pourtant directement liés au surpoids. Le serpent qui se mord la queue, en somme.
J'envie et admire ces personnes qui ont su se prendre en charge, qui affichent un sourire satisfait, comme l'étendard d'une victoire sur
eux-mêmes, un "Yes I can" à la Barack Obama. Et surtout qui ont prouvé à un entourage incrédule leur force de caractère, persistent à maintenir une hygiène de vie saine et équilibrée (question
d'habitude, me direz-vous).
Est-ce parce-que je ne me sens ni capable ni motivée que j'ai moins de valeur que ces "winners". Suis-je "a looser" pour autant ? Honnêtement,
je ne crois pas, pour avoir mené d'autres combats avec succès. Celui-ci est-il nécessaire ou juste utile ? Est-ce que je le mène pour moi ou pour satisfaire mon mari et ma mère ?
Et si, pour une fois, mon égoïsme atavique (qui me vient, je le crains fort, de mon père, comme moi enfant unique, ceci expliquant sans doute
cela - mais il ne faut pas généraliser, n'est-ce pas Cybione ?) était louable ?
Derniers Commentaires