Etre ou ne pas être en quête spirituelle
Pour rebondir sur la note de Cybione, à laquelle je demandais si elle était (encore) à la recherche d'un je ne sais quoi spirituel, celle-ci m'a répondu qu'elle est toujours en quête spirituelle tout en se méfiant comme de la peste de toute manipulation.
Je me demande si, dans la mesure où, d'une manière ou d'une autre, on s'en réfère à la connaissance, à l'expérience d'une autre personne, on n'est pas, peu ou prou, manipulé(e) par ladite personne. Qui plus est, on l'est sciemment, puisqu'on l'écoute, on lui fait confiance - dans la mesure ou son "enseignement" nous est bénéfique à long terme.
Ce dont je me méfierai plutôt, pour ce qui me concerne, c'est de cette aura mystique dont semble s'entourer toute quête spirituelle. Je parle de l'auto-suggestion, pensée positive ou toute autre forme de "pensée magique" dont se repaissent allègrement les auteurs d'ouvrages de développement personnel de tout poil.
J'avais acheté deux ouvrages de cet acabit "les mots sont des fenêtres, sinon ce sont des murs" et un autre, dont je ne me souviens même plus du titre et que j'ai prêté à un ami qui m'a offert, pour Noël, un livre au titre révélateur "l'art d'être bon". Je n'en ai pas encore lu une ligne, le titre en lui seul sous-entend que, d'une certaine manière, bonne (dans le sens de la bonté s'entend), je ne le suis pas. Je sais que cet ami ne m'a pas offert ce livre pour me faire passer un message subliminal, il s'est d'ailleurs étonné que j'aie réagi de la sorte. N'empêche, ce livre, je n'arrive même pas à l'ouvrir. De peur d'y trouver quoi ? Une révélation sur moi-même ?
Et puis, et puis, pas le temps de me prendre la tête. La vie se charge toute seule de m'entretenir des subtilités de la spiritualité d'autrui, à laquelle il est déjà parfois délicat de s'adapter et de comprendre.
J'en veux pour preuve le chantage affectif maousse costaud que m'a fait, samedi dernier, ma fille cadette, pour que je l'emmène faire du shopping en capitale régionale. Chantage auquel je n'ai pas cédé, la mort dans l'âme, et j'ai d'ailleurs eu raison de ne pas le faire, car c'était du bluff. Cybione était là, elle a vu que j'allais mal, elle tentait de me rassurer, de me déculpabiliser mais je ne l'ai été qu'au retour de la fille au bercail.
Alors, quid de la quête spirituelle dans de tels cas de figure ? Cybione n'étant pas personnellement concernée, il lui était d'autant plus facile de me conseiller le détachement. Détachement, déculpabilisation et déresponsabilisation dont je me sentais incapable. J'aurais peut-être gagné, justement, à appliquer les fameuses théories décriées ci-dessus que Cybione a apprises et qu'elle applique : en vertu d'un principe, somme toute très zen "je m'aime, je ne me fais pas mal en portant sur mes épaules un fardeau inutile" (ou alors, je n'ai pas bien compris le fond de la philosophie de vie à laquelle elle fait référence).